Eglise verte

Eglise verte à Solesmes Une quarantaine de paroissiens de la paroisse Saint-Denis-en-Solesmois étaient venus ce 4 février, dans les locaux de l’école Saint-Joseph à Solesmes, à l’appel de l’EAP, mais surtout du pape François, pour réfléchir, proposer, décider, sur la « sauvegarde de la maison commune » pour reprendre le sous-titre de l’encyclique Laudato si’. Chaque époque de l’histoire a lancé à l’humanité des défis que l’Eglise, au nom de sa vocation, s’est efforcée de relever. Ce fut par le passé – et c’est hélas encore trop souvent aujourd’hui – l’esclavage, les guerres, les épidémies, les injustices, la pauvreté, les invasions, etc. autant de formes du mal dont nous espérons être sauvés. Aujourd’hui le mal prend la forme d’une menace grave sur l’équilibre, la santé, voire la survie de la création. L’Eglise ne peut pas rester indifférente à la lente destruction des conditions de vie de beaucoup de nos contemporains, aux implications, mais aussi aux causes sociales, politiques, économiques de la dégradation de l’environnement et du climat. En effet, « tout est lié » : la crise n’est pas qu’environnementale, elle est aussi sociale et économique, mais également éthique et spirituelle. Les causes de cette situation ne sont pas à chercher en dehors de nous et de notre conception de la vie et du monde. En ce sens, c’est notre rapport à la création, aux autres, à Dieu et à nous-mêmes, qui est altéré. C’est pourquoi le pape plaide pour une écologie « intégrale », qui prenne en compte l’ensemble de ces dimensions. C’est à une véritable conversion que nous sommes appelés, un « changement de logiciel ». Dans la Genèse, Dieu demande à Caïn après qu’il a tué Abel : « Qu’as-tu fait de ton frère ? » (Gn 4,9-10). Nous l’entendons aujourd’hui nous dire : « Qu’as-tu fait de la création que je t’avais confiée pour la cultiver et la garder ? » (cf. Gn 2,15) et donc aussi et toujours : « Qu’as-tu fait de ton frère ? ». Sous le label « Eglise verte », tout un programme d’actions est proposé aux communautés chrétiennes qui s’engagent à contribuer, avec leurs moyens, à leur échelle, à la défense de l’environnement, et donc de la justice et de la paix. Après un diaporama qui a permis de prendre conscience des formes, des enjeux et des causes de cette crise, il nous a été proposé d’envisager de mettre en route une démarche de conversion de nos modes de vie. Une petite équipe s’est constituée – elle sera rejointe par la collaboration de la paroisse voisine du Bienheureux-Carl-en-Cambrésis – pour piloter les initiatives que notre paroisse pourra prendre pour, comme le colibri de la parabole, apporter sa goutte d’eau à l’extinction de l’incendie qui a commencé de ravager notre maison commune. Puissions-nous continuer de chanter, avec saint François : « Louez-sois-tu, ô mon Seigneur, pour sœur notre mère la terre ». Dominique Maerten

Article publié par Saint Denis Solesmes • Publié le Samedi 22 février 2020 • 72 visites

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